POLLUTION

Un long concentré d'informations, pour comprendre  que l'avenir du traitement des dechets se fera par de grands centres de tri complétés par des incinérateurs modernes !

 

La DIOXINE

Les dioxines (PolyChloroDibenzoDioxine ou PCDD) et les furanes (PolyChloroDibenzoFurane ou PCDF), regroupés sous le terme de dioxines, sont des hydrocarbures aromatiques polycycliques chlorés (c'est à dire des HAP chlorés ou HAPC). Il existe de nombreux composés identifiés (75 PCDD et 135 PCDF, appelés des ‘congénères’) en fonction du nombre et de la position des atomes de chlore qu’ils possèdent. Actuellement, 17 congénères (7 PCDD et 10 PCDF) sont habituellement mesurés et étudiés, en raison de leur toxicité avérée. Il s’agit de ceux substitués au moins en position 2, 3, 7 et 8.

La toxicité des dioxines est surtout connue pour leurs effets cancérigènes. Ce sont des polluants ubiquitaires très stables. Ils sont formés lors des processus de combustion de nombreuses activités industrielles comme la fonderie, la métallurgie, le blanchiment de la pâte à papier, la fabrication de certains herbicides et pesticides et l'incinération des déchets. Elles résultent également d'événements naturels comme les éruptions volcaniques et les feux de forêt. Ces composés se retrouvent dans tous les milieux de l’environnement, air, sol, eau, sédiments mais aussi, après transfert, dans les plantes, les animaux et chez l'homme.
La dioxine la plus redoutable est la 2, 3, 7, 8 - tétrachloro - dibenzoparadioxine (ou: 2, 3, 7, 8 - T C D D) (la dioxine de Seveso). Sa D. L. 50 ( Dose d'un toxique qui cause 50 % de mortalité dans une population exposée, après un temps donné.) par ingestion est seulement de 0,275 micro-gramme . kg -1 pour le lapin. Elle est 600 fois plus toxique que la strychnine pour le chien.

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.Extrait de "asso.nordnet.fr"

Questions diverses: Monsieur Hervé DIZY évoque le procédé des torches de plasma qui élèvent la température à 14.000°C bien au dessus de la température de décomposition moléculaire de 2.700°C. A cette température il n’y plus que des résidus inertes. M. Deffontaine réplique qu’aucun incinérateur d’ordures ménagères ne fonctionne sur ce principe à cause du coût. M. Dominique Willemyns affirme qu’en Allemagne c’est le cas.La dioxine est totalement détruite à partir de 1300°C.

ANTARES: CENTRE DE VALORISATION ENERGETIQUE

Le Centre de Valorisation Energétique ANTARES a remplacé les trois incinérateurs d'ordures ménagères d'HALLUIN, SEQUEDIN et WASQUEHAL, fermés en 1998. II a été mis en service fin 2000.

Des rejets nettement inférieurs aux normes fixées- La Communauté Urbaine de Lille avait anticipé et fixé un objectif de qualité.Le Centre de Valorisation Energétique ANTARES est doté d'un moyen performant pour traiter les fumées. II brûle les déchets à plus de 850°C, procède à un traitement spécifique des dioxines et est soumis, de par la volonté communautaire, à des normes de rejets plus strictes que celles imposées par la réglementation.

Aujourd'hui, les rejets de dioxines et d'autres polluants dans l'atmosphère émis par le Centre de Valorisation Energétique d'HALLUIN sont nettement inférieurs aux normes réglementaires européennes.

Des contrôles - La DRIRE (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement) est une administration placée sous l'autorité du Préfet. Elle procède à des contrôles inopinés afin de vérifier si la réglementation est respectée. L'exploitant effectue 12 mesures de dioxines par an (soit 1 par mois} alors que la loi n'impose que 2 mesures par an. La communication des valeurs des polluants mesuré en temps réel est assurée par :

- Un panneau d'information lumineux situé à l'entrée de l'usine

- auprès de la CLIS (Commission Locale d’Information et de Surveillance) du centre de Valorisation Energétique d’Halluin (constitué par arrêt préfectoral du 27 avril 1998 et composée à parts égales de représentants de l’exploitant, des administrations, des collectivités locales concernées et des associations).

- auprès des mairies concernées

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o- qu'est-ce que l'incinération? -o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Traitement thermique par combustion des déchets solides (et de certains liquides) par oxydation chimique, avec production de gaz de combustion chauds (composés d’azote, d’oxygène, de CO2, de vapeur d'eau, ... ), de cendres et de mâchefers (résidus solides). L’incinération consiste en une décomposition de la matière : oxydation, avec cinq types d’émissions :
- Eau.
- Gaz : CO, CO2, NOX, SO2, HCl.
- Poussière minérale (cendres).
- Métaux lourds : plomb, cuivre, mercure, cadmium, nickel, arsenic.
- Molécules organiques : carbone, composés organiques chlorés (dioxines et furannes, ...).
Le four est adapté aux caractéristiques des déchets et certains fours accepteront des déchets spécifiques : DI, DASRI, ... . L'incinération suit un procédé par étape : stockage, préparation, alimentation du four, séchage, combustion, extinction, évacuation.
La chaleur est récupérée sous forme de vapeur valorisée par 3 voies : alimentation d'un réseau de chauffage urbain, co-génération, transformation en électricité.
Le traitement des fumées est assuré par dépoussiérage, neutralisation des gaz, traitement des dioxines et furanes et traitement des oxydes d'azote.

L’incinération est un mode de traitement qui permet :
- La réduction du volume des déchets entrants par minéralisation (production de mâchefers) : une tonne d'OM incinérée conduit à la production d’environ 250 kg de mâchefers qui pourront, sous certaines conditions, être valorisés en techniques routières.
- La concentration des principaux polluants, présents dans les déchets entrants, dans les REFIOM : une tonne d'OM incinérée conduit à la production d’environ 30 à 50 kg de REFIOM qui doivent être séparés des mâchefers et éliminés dans des CSDU 3.
- La couverture, par la vente d’énergie, d'une partie du coût du traitement.

La chaleur dégagée par la combustion des OM peut être récupérée sous forme de vapeur qui peut-être utilisée pour alimenter un réseau de chauffage urbain, distribuée à des établissements publics ou des entreprises ou détendue dans un turboalternateur pour la production d’électricité. Une valorisation mixte chaleur/électricité peut également être mise en œuvre : c'est la cogénération.
À cela s'ajoute la génération d'émissions polluantes sous forme de poussières, de métaux et de dioxines qu’il est nécessaire de maîtriser à l’aide de systèmes de traitement des fumées adaptés.

La digestion des boues et des déchets avant incinération permet :
- La réduction des quantités à déshydrater, incinérer.
- La réduction des quantités d’eau à évaporer (économie d’énergie)
- La réduction du volume des fumées.
Cependant, la digestion diminue le PCI des boues ou des déchets qui peuvent ne plus être auto-combustibles. Le pouvoir énergétique se retrouve dans le biogaz, de fait le bilan énergétique global peut être positif s'il y a utilisation du biogaz comme combustible d’appoint an cas de besoin.

L'incinération est également une technique de traitement des sites et sols pollués.

Extraits de "science-décision.net"

Qu’est-ce que la matière vivante ? Les êtres vivants (l’homme, les animaux, les végétaux, les microorganismes) sont constitués principalement d’eau et de molécules organiques. Les molécules organiques sont composées d’atomes de carbone associésà des atomes d’hydrogène, d’oxygène
ou d’azote. Certaines molécules comportent en plus des atomes de
phosphore, de soufre, etc. Les êtres vivants contiennent aussi une trentaine
d’autres éléments (calcium, fer, etc.).
De quoi les êtres vivants ont-ils besoin ? Les êtres vivants ont tous la même composition chimique (ADN, protéines, lipides, glucides, etc.) et donc besoin des mêmes éléments pour vivre. Les plantes trouvent ces éléments dans le sol et dans l’air. En règle générale, elles prélèvent l’eau, l’azote et tous les éléments autres que le carbone et l’oxygène dans le sol. Les éléments prélevés dans le sol sont dénommés éléments fertilisants. Les plantes ne les assimi-lent que lorsqu’ils sont présentés sous la forme de molécules minérales. Contrairement aux plantes, l’homme, les animaux et la plupart des microorganismes n’assimilent les éléments que s’ils sont présentés sous la forme de molécules organiques.
Qu’est-ce qu’un déchet ? Le concept de déchet, lié à l’activité humaine, est largement subjectif. Un objet peut être considéré comme un déchet par une personne et comme une matière première par une autre. C’est par exemple le cas pour le verre : les bouteilles vides (déchets) jetées par les particuliers dans des containers spéciaux fournissent plus de la moitié de la matière première de l’industrie du verre d’emballage. Les textes réglementaires considèrent comme déchet « tout résidu d'un processus de production, de transformation ou d'utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l'abandon ».

Quelle est la place des dechets organiques dans le cycle ? Les déchets organiques sont, dans le cycle de la matière organique, la part ne présentant pas d’intérêt immédiat pour l’homme.
Au début du cycle, les plantes transforment le gaz carbonique (CO2), l’azote minéral et l’eau en matière organique grâce à l’énergie de la lumière solaire. Tous les êtres vivants se nourrissent, directement ou indirectement, de la matière organique synthétisée par les plantes. Ils la transforment pour grandir et se reproduire (une vache transforme l’herbe en viande, en os, etc.), ils la dégradent pour produire l’énergie
nécessaire à la vie (le sucre consommé par un sportif, etc.) et enfin ils l’élimineA chaque étape, une partie de la matière organique consommée est décomposée en ses constituants élémentaires (gaz carbonique, azote, eau, etc.), ce qui fait qu’à la fin elle a totalement disparu. Les constituants élémentaires se trouvent de nouveau dans des molécules minérales ; leur quantité totale n’a pas varié. L’énergie de la lumière solaire a permis aux plantes de construire des molécules organiques complexes. Quand les molécules sont dégradées, l’énergie est restituée sous forme de chaleur. Le bilan énergétique est le même, que la matière organique soit brûlée ou consommée par les êtres vivants.

Quel est l’intérêt de la valorisation énergétique ? La valorisation énergétique des déchets organiques n’est pas un enjeu significatif pour l’indépendance énergétique de la France. Elle permet en revanche
de mieux gérer l’émission de gaz à effet de serre (destruction du biogaz) et de faire face à la production de grosses quantités de déchets. La meilleure forme de valorisation est l’utilisation locale de la chaleur produite (chauffage urbain, industries). Son optimisation suppose une réflexion sur l’urbanisme et l’aménagement du territoire.

Pourquoi faut-il enrichir régulièrement le sol ? La concentration d’éléments fertilisants présents dans le sol diminue au fil des années. Les pertes en éléments fertilisants sont dues principalement au lessivage par l’eau de pluie et aux cultures car les éléments fertilisants se retrouvent incorporés dans les récoltes (par exemple, 100 kg de blé contiennent 1,8 kg d’azote, 1 kg de phosphate et 0,5 kg de potasse). Les engrais et la fumure organique apportent les éléments fertilisants. Depuis la fin des années 1940, c’est l’apport régulier d’engrais qui a permis de multiplier par cinq le rendement des cultures. De la même façon, la qualité physique du sol diminue au cours du temps, notamment à cause de la décomposition spontanée de l’humus. Pour que le sol reste cultivable, il faut l’amender,c’est-à-dire lui apporter des substances (amendements) visant à améliorer ses propriétés physiques. Un amendement est composé soit de molécules organiques d’origine végétale (tourbe, terre de bruyère, etc.), soit de produits chimiques (amendement calcaire)

La mise en décharge contribue-t-elle à la valorisation des déchets organiques ? Dans une décharge, par manque d’oxygène, la décomposition de la matière organique n’est que partielle et s’étale sur plus d’une trentaine d’années. Dans la plupart des décharges, une partie desé léments fertilisants et des produits toxiques est entraînée par les eaux superficielles et rejoint ainsi les nappes d’eau souterraines. La loi française du 13 juillet 1992 interdit la mise en décharge des déchets pouvant encore être valorisés car, bien que les possibilités de valorisation énergétique des décharges existent, elles ne sont pas exploitables en pratique du fait de leur éloignement. Les décharges participent d’une certaine façon à la lutte contre l’augmentation de l’effet de serre. En effet, la décomposition n’est que partielle ce qui fait qu’une partie du carbone reste enfoui dans le sol et ne se transforme pas en gaz à effet de serre.

Peut-on incinérer les déchets liquides ? Oui. Par exemple, en France, 15 % des boues d’épuration sont incinérées (en Europe, le pourcentage va de 0 à 55 % selon les pays). Il existe des solutions techniques pour tous les types de boues, depuis la boue liquide jusqu’à la boue séchée. Sauf dans les très grandes stations d’épuration qui possèdent leur propre incinérateur, il est plus économique d’incinérer les boues dans un incinérateur prévu pour les ordures ménagères.

Comment peut-on produire de l’énergie à partir des déchets ? Il y a deux façons de produire de l’énergieà partir des déchets : - incinération des déchets :. La chaleur produite est récupérée sous forme de vapeur ou d’électricité (chauffage urbain, industries, etc.). Les résidus de l’incinération (mâchefer) sont utilisables pour les travaux publics. - Fabrication de biogaz à partir des déchets. Le biogaz contient du méthane et peut remplacer en partie le gaz naturel. Dans tous les cas, la meilleure solution écologique et économique est d’utiliser localement l’énergie produite.

L’incinération est-elle adaptée au traitement des petites quantités de déchets ? Avec la technologie habituelle, environ 30 000 tonnes de déchets par an sont nécessaires au fonctionnement correct d’un incinérateur et au respect des normes d’épuration des fumées. Le coût par tonne de déchets incinérés diminue presque par deux quand la capacité de l’incinérateur passe de 20 000 tonnes à 150 000 tonnes par an. D’un point de vueé conomique, il est souhaitable que la capacité d’incinération atteigne quelques centaines de milliers de tonnes par an. Les recettes de la vente de l’énergie produite augmentent rapidement avec la taille de l’installation et peuvent atteindre près de 30 € par tonne de déchets. Les technologies dérivées de la fabrication du charbon de bois (thermolyse, pyrolyse) sont mieux adaptées aux petites quantités de déchets. Elles produisent une sorte de charbon qui peut fournir de l’énergie dans des installations spécialisées. Cependant, en France, la place et l’intérêt économique de cette filière font encore l’objet de débats.

Peut-on incinérer les déchets liquides ?
Oui. Par exemple, en France, 15 % des boues d’épuration sont incinérées (en Europe, le pourcentage va de 0 à 55 % selon les pays). Il existe des solutions techniques pour tous les types de boues, depuis la boue dans les très grandes stations d’épuration qui possèdent leur propre incinérateur, il est plus économique d’incinérer les boues dans un incinérateur prévu pour les ordures ménagères.

La production d’électricité à partir de l’incinération des déchets est-elle rentable ? La vapeur d’eau produite à partir de la chaleur des incinérateurs est trop chaude pour servir immédiatement au chauffage mais elle peut être utilisée pour produire de l’électricité (par passage dans des turbines).
La production de l’électricité nécessaire au fonctionnement de l’installation d’incinération est économiquement intéressante. En revanche, la vente des excédents d’électricité n’apporte pas de bénéfice notable si elle est faite au prix du marché (environ 0,045 € par kWh). Des subventions permettent, dans certains cas, de compenser le surcoût de l’électricité provenant de la valorisation des déchets organiques.

La production de biogaz est-elle rentable à petite échelle ? La production de biogaz nécessite des installations particulières. Elle procure de l’énergie à un coût inférieur à celui de l’incinération et permet de traiter de plus petites quantités de déchets (de 10 000 à 40 000 tonnes de déchets par an). Cependant, elle génère ses propres déchets organiques. Ils peuvent servirà leur tour à fabriquer du compost. Le biogaz doit être utilisé localement car c’est un produit toxique et corrosif (il est notamment pollué par de l’hydrogène sulfuré). Seuls quelques pays (notamment l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse) acceptent qu’il soit injecté dans le réseau public de gaz après purification.
Le couplage de la production de biogaz et de compost augmente la rentabilité. En France, une soixantaine de stations d’épuration produisent du biogaz pour leurs besoins énergétiques internes (séchage des boues, etc.). Afin d’utiliser au mieux les installations de production de biogaz, une bonne solution est de traiter ensemble déchets agroalimentaires, boues d’épuration et autres déchets des collectivités (espaces verts, marchés, etc.).

Le cycle de la matière organique participe-t-il à l’effet de serre ? Certains composants de l’atmosphère (appelés gaz à effet de serre) laissent passer la lumière du Soleil mais retiennent une partie de la chaleur renvoyée par la Terre. C’est l’effet de serre. Il s’ensuit un réchauffement de la surface de la Terre (la température moyenne est de 15° C, elle serait de –18° C en absence d’effet de serre). La vapeur d’eau est la principale responsable de l’effet de serre. Les activités humaines n’ont pas un impact direct sur la quantité de vapeur d’eau présente dans l’atmosphère. Le gaz carbonique (CO2) et le méthane (gaz naturel, biogaz) sont aussi des gaz à effet de serre. Le méthane retient beaucoup plus la chaleur de la Terre que le gaz carbonique. En moyenne, sur un siècle, la quantité de CO2 libérée par la décomposition de la matière organique est pratiquementé gale à la quantité de CO2 fixée par les plantes. Le traitement des déchets est responsable de moins de 4 % des émissions de gaz à effet de serre en France.rapidement. Leur recyclage ne retardera que de quelques années leur décomposition (avec libération de gaz carbonique), ce qui est sans effet sur le cycle naturel. La production de chaleur par l’incinération du papier et du carton évite de consommer des combustibles fossiles. De la sorte, elle contribue à limiter la production de gaz à effet de serre en évitant une production supplémentaire de gaz carbonique.

Quels sont les risques de contamination biologique ? Les excréments présents dans les déchets sont une source d’organismes vivants nocifs pour la santé de l’homme et des animaux (vers parasites, bactéries pathogènes, virus, etc.). Certains traitements (chaleur, irradiation, etc.) permettent de tuer la plupart des organismes risquant de provoquer des maladies. Trois microorganismes témoins servent
d’indicateurs de la qualité sanitaire d’une boue. La boue est dite hygiénisée s’ils sont absents.

L’incinération des déchets produit-elle de la dioxine ? La dioxine provient principalement de combustions incomplètes (feux de bois, feux d’herbes, etc.). En 1995, l’incinération des déchets était à l’origine de 45 % de la dioxine produite en France. Depuis, les incinérateurs ont été modernisés ou fermés. Fin 2001, 110 incinérateursé taient conformes aux normes et cinq en cours de modernisation. Il restait une quarantaine d’installations non conformes, représentant 6 % de la capacité totale d’incinération. A part deux, ce sont des installations traitant moins de 45 000 tonnes de déchets par an.
Les progrès réalisés dans le traitement des fumées permettent, si besoin, de diminuer encore mille fois l’émission de dioxine.

L’incinération produit-elle d’autres produits toxiques que la dioxine ? Oui. Par exemple l’oxyde d’azote, à l’origine de la coloration brunâtre du ciel audessus des villes. En France, le transport automobile produit 75 % de l’oxyde d’azote présent dans l’air alors que les incinérateurs n’en produisent que 1 %. Tous les produits toxiques, dont les métaux lourds, peuvent être éliminés par le traitement
des fumées des incinérateurs. La directive européenne du 4 décembre 2000 fixe les concentrations maximales admissibles de la dizaine de produits toxiques présents dans la fumée. Elle est plus sévère que la première réglementation (1972) puisqu’elle concerneplus de produits (avec notamment une norme pour l’oxyde d’azote) et que les taux admis sont cent fois inférieurs. Son application devrait entraîner un coût supplémentaire d’une dizaine d’euro par tonne de déchets incinérés.

Quels sont les éléments du débat social ? Vivre au voisinage d’une installation traitant des déchets est souvent considéré comme une atteinte grave à la qualité de la vie, associée à une inquiétude pour la santé. Chaque mode de traitement des déchets comporte des avantages et des inconvénients. Au cours des années, les préférences des décideurs politiques ont varié. A chaque fois, une option technique était mise en avant aux dépens de toutes les autres alors que la solution aux problèmes posés par la gestion des déchets est dans la diversité des méthodes de valorisation. La réponse la mieux adaptée dépend de la situation locale. Les principaux critères de choix sont le type d’habitat (urbain, semi-urbain, rural), la quantité de déchets organiques traités et la régularité de leur production (régulière ou saisonnière). Dans le cas des déchets produits par l’agriculture intensive, certains craignent qu’une amélioration de l’effica-cité du traitement des déchets renforce, in fine, ce type d’agriculture.

Peut-on améliorer le système des décharges ? La directive européenne du 26 avril 1999 impose une diminution d’au moins 65 % de la quantité de déchets organiques mis en décharge d’ici 2015. La loi française du 13 juillet 1992 est plus ambitieuse puisqu’elle prévoit que depuis le 1er juillet 2002, les décharges ne doivent plus accepter que des déchets qui ne peuvent plus être raisonnablement valorisés ou dont on ne peut réduire le caractère polluant ou dangereux (les déchets ultimes). Mais en réalité, plus de la moitié des déchets ménagers vont encore directementà la décharge, tout comme il y a dix ans. La loi ne peut pas être appliquée car rien n’a été mis en place pour remplacer les installations hors normes (6000 décharges communales et dépôts sauvages). L’amélioration du système des décharges passe par une diminution du volume des déchets. Elle devrait être obtenue notamment par un traitement préalable extrayant tout ce qui peut être raisonnablement valorisé. Une autre amélioration vient de la fermeture des petites décharges. Leur nombre a diminué de moitié en dix ans grâce à l’augmentation de la capacité des plus grosses. Conjointement, les grosses décharges tendentà être mises aux normes. L’effort est inégal selon les régions, le nombrede décharges allant de moins d’une trentaine (Alsace, Haute-Normandie, Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Poitou-Charentes) à plus de 150 (Bretagne, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes).
Ceci étant, une grande partie de la population est opposée aux décharges (odeurs, prolifération des oiseaux, envols d’emballages, etc.). Il est difficile d’envisager l’ouverture d’installations modernes moins polluantes car les riverains mettent en avant d’autres types de problèmes, comme le trafic excessif de camions remplis de déchets.

Références
Dans la mesure du possible, Science & Décision facilite l’accès aux textes de référence utilisés pour construire ses dossiers. Lorsque ces documents sont en accès libre, un lien hypertexte est établi entre le site de Science & Décision et le site d’origine des documents. Lorsque l’accès aux documents est payant, il faut alors s’adresser aux revues concernées. Ceci étant, de nombreux documents sont disponibles dans les bibliothèques universitaires et dans les bibliothèques publiques. Pour savoir dans quelle bibliothèque le document qui vous intéresse est consultable, vous pouvez interroger la base de données SUDOC (système universitaire de documentation) à l’adresse suivante : http://corail.sudoc.abes.fr/. ---- Cette base est mise en place par l’agence bibliographique de l’enseignement supérieur (établissement
public placé sous la tutelle du ministère chargé de l’enseignement supérieur).

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Extrait de "science-ouest.org"

Un incinérateur pilote à Brest

Bien qu’âgée de 12 ans, l’usine d’incinération de Brest reste une référence dans le monde entier. Plusieurs innovations y ont été testées avec succès.

Un petit quelque chose de Beaubourg, des couleurs vives, une haute cheminée que l’on aperçoit de très loin et qui ne lâche qu’un maigre panache… L’usine d’incinération des déchets de Brest réussit assez bien à cacher son activité peu ragoûtante : recevoir et brûler chaque année 130 000 tonnes d’ordures ménagères produites par les 300 000 habitants de la Communauté urbaine de Brest (CUB). Rien que de très classique, si ce n’est que l’on vient du monde entier, pour visiter cette usine truffée d’innovations techniques au service de l’environnement

Olivier Gentric, directeur de l’usine, nous fait la visite. "La première particularité, et qui est unique en Europe, c’est la fosse "Bio-Stop". Il s’agit d’une fosse de 7 200 m3, dans laquelle nous pouvons stocker 10 jours de production de déchets. Les ordures sont d’abord soumises à une injection d’air sous pression, pour qu’elles soient desséchées, ce qui arrête la fermentation. Grâce à des sondes, nous contrôlons en permanence l’état de cette dernière. Si un début de méthanisation apparaît, nous injectons de l’azote sous pression, ce qui bloque immédiatement la fermentation. Grâce à cette fosse, en cas de panne ou d’arrêt de l’incinérateur pour maintenance, nous pouvons continuer à recevoir les déchets !"

Une autre surprise attend le visiteur : globalement, l’odeur reste relativement supportable… "Tout l’air de combustion est pris directement dans les fosses ! Ainsi, toutes les molécules odorantes sont brûlées, ce qui explique la quasi-absence d’odeur dans l’usine."

La valorisation des résidus
À l’aide d’une grue munie d’une impressionnante mâchoire métallique, les déchets sont dirigés, par paquets, sur un plan de grille. Une sorte de tapis roulant, très lent, emmène les ordures au cœur du four, dont la température ne doit jamais être inférieure à 850 °C, afin que soit détruite toute la dioxine (appellation courante du tétrachloro-dibenzo-paradioxine, produit très toxique, provoquant des lésions irréversibles). Au sortir du four, après une cinquantaine de minutes de brûlage, les cendres arrivent dans l’extracteur de mâchefer : c’est une sorte de tunnel plein d’eau, l’eau servant de bouchon hydraulique, de façon à maintenir une pression interne constante au four. À la sortie, un électro-aimant sépare tous les débris métalliques, qui seront vendus à un industriel. Quant aux mâchefers (1), ils sont récoltés (32 000 t par an) et vendus à un industriel (de Caen), qui les utilisera comme soubassement de routes.

Le traitement des fumées --"Nous ne pouvons pas lâcher dans la nature les fumées produites ! Elles sont pleines de poussières, de métaux lourds, d’acide chlorhydrique… C’est pourquoi, la partie basse de la cheminée comporte de nombreux tubes métalliques, secoués en permanence. " Ainsi, toutes les particules qui s’y collent retombent dans les flammes. Par ailleurs, la fumée est conduite dans une sorte de pièce, où nous la mélangeons à du bicarbonate de sodium (NaHCO3). Ce dernier est très miscible, notamment avec le chlore (le chlorure de sodium pourrait d’ailleurs être récupéré et servir pour le salage des routes, par exemple). Baptisé Neutrec, ce procédé est commercialisé par la société suisse Solvay depuis 1992. Brest a été la première usine à en être équipée. " C’est beaucoup plus efficace que le traditionnel système à la soude liquide, qui provoque régulièrement des pannes par colmatage… " Un dernier électrofiltre nous permet de récupérer tous les ions qui passent. " Résultat : nous avons en sortie, juste un peu de poussière, un peu de chlore… Mais très en-deçà des normes !" La fiabilité et la sécurité de cette usine font qu’elle est d’ailleurs la seule en Bretagne habilitée à incinérer des déchets hospitaliers .

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-extraits de "actu-environnement.com"--o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Les Polluants Organiques Persistants (POP), dont le représentant le plus connu est la famille des dioxines/furannes, sont des molécules complexes qui, contrairement aux autres polluants atmosphériques, ne sont pas définies à partir de leur nature chimique mais à partir de 4 propriétés qui sont les suivantes :

Toxicité : elles présentent un ou plusieurs impacts prouvés sur la santé humaine.

Persistance dans l'environnement : ce sont des molécules résistantes aux dégradations biologiques naturelles. Ces molécules se dégradent de 50 % sur une durée de 7 à 8 ans. Les dioxines persistent dans les milieux environnementaux en raison de leur grande stabilité thermique et chimique. Par exemple, dans les sols, leur demi-vie est estimée à plus de 10 ans. Elles ont également une forte affinité pour les graisses ; leur demi-vie dans l'organisme humain est d'environ 7 ans.

Bio-accumulation : ce sont des molécules qui s'accumulent dans les tissus vivants et dont les concentrations augmentent le long de la chaîne alimentaire.

Transport longue distance : de par leurs propriétés de persistance et de bioaccumulation, ces molécules peuvent se déplacer sur de très longues distances et se déposer loin des lieux d'émission, typiquement des milieux chauds (à forte activité humaine) vers les milieux froids (en particulier l'Arctique).

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Selon les inventaires officiels réalisés par le Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique (CITEPA), l'incinération des déchets ménagers et assimilés émettait en 2002 environ 220 g de dioxines, sur un total national de l'ordre de 380g. Pour 2003, les émissions de dioxines attribuées à l’incinération sont estimées à 115 g. Cependant, la précision des inventaires est entachée de beaucoup d'incertitudes en particulier autour de l'importance des sources diffuses (combustion sauvage de déchets, feux de décharge, incendies, combustion résidentielle).Depuis 1997, toutes les usines d'incinération neuves sont soumises à une réglementation concernant les émissions de dioxines. La circulaire du 24 février 1997, relative aux plans départementaux d'élimination des déchets ménagers et assimilés, impose en effet, à toutes les installations nouvelles d’incinération de déchets non dangereux, la valeur limite de 0.1 ng/Nm3 de fumées. Par ailleurs, l’arrêté du 20 septembre 2002, relatif aux installations d’incinération et de co-incinération de déchets non dangereux et aux installations incinérant des déchets d’activités de soins à risques infectieux (qui traduit en droit français la directive européenne du 4 décembre 2000) impose désormais à toutes les installations existantes la valeur limite de 0.1 ng/Nm3 de fumées à compter du 28 décembre 2005.

Les usines qui existaient avant 1997 sont jusqu'au 28 décembre 2005 soumises à l'arrêté du 25 janvier 1991. Actuellement toutes les usines en fonctionnement respectent au moins cet arrêté. Cet arrêté ne fixe pas de valeurs limites en termes d'émissions de dioxines mais impose certaines exigences concernant le fonctionnement (régularité de la combustion, dépoussiérage, traitement des gaz acides) entraînant généralement des émissions de dioxines significativement inférieures pour les installations respectant cet arrêté par rapport à la situation antérieure.
Entre 1990 et 2003, les émissions de l'incinération ont diminué largement (de l'ordre de 90%, en passant de plus de 1kg/an à environ 115 g) mais elle devraient diminuer encore de 90% d'ici fin 2005 pour atteindre des émissions de l'ordre de 10 à 20g, lorsque toutes les usines respecteront la nouvelle réglementation.

Sur les 12 Mt de déchets incinérés aujourd'hui, environ 5 Mt le sont dans des usines équipées de traitement spécifiques de dioxines et contribuent à l'émission pour environ 4g de dioxines par an (soit environ 1% des émissions totales). Les 7 Mt restantes sont incinérées dans des usines qui, bien que respectant l'arrêté de 1991, ne sont pas encore équipées de dispositifs de traitement spécifique ; elles émettent environ 110g de dioxines par an. Ces usines constituent l’enjeu de la mise en conformité d'ici 2005, avec une diminution prévisible des émissions supérieure à 100 g/an.
Des études épidémiologiques ont été réalisées, notamment en France, autour d'usines d'incinération. Ces études n'ont pu être conduites qu'autour d'usines existantes depuis plusieurs années et ne fonctionnant pas selon les conditions qui s'imposent aujourd'hui aux nouvelles usines d'incinération. Elles font ressortir des excès de pathologies ou malformations, dont certaines pourraient être liées à l'incinération et aux émissions de dioxines.

Après avoir financé une première étude épidémiologique sur les malformations congénitales au voisinage d'usines d'incinération en Rhône Alpes, l'ADEME poursuit son accompagnement de 'INSERM en participant au financement de travaux complémentaires visant à situer les rôles respectifs de l'incinération et du trafic routier dans les malformations observées sur cette région. L'institut de Veille Sanitaire et l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments entreprennent également des études épidémiologiques et relatives à l'exposition aux dioxines des populations résidant au voisinage Mais malgré des progrès récents, les incinérateurs d'ordures ménagères en France émettent encore 10 à 20 fois plus de dioxines qu'en Allemagne, en Suède ou au Danemark.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-Rappel sur les Pesticides -o-o-o-o-o-o-o-o-

Regroupant désherbants, ou herbicides, et insecticides, ces substances sont utilisées en agriculture à la place de l'arsenic. leur toxicité ne fait aucun doute puisqu'elle est à la base de leur utilisation. au cours de leur fabrication apparaissent des produits encore plus toxiques, en principe éliminés, mais qui peuvent persister à l'état de traces comme la dioxine (2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine ou tcdd). celle-ci est apparue au premier plan de l'actualité après la catastrophe d'une usine chimique en italie, près de seveso, le 10 juillet 1976. à côté de beaucoup d'autres effets toxiques, son action cancérogène a été démontrée chez le rat et la souris et elle est fortement suspectée chez l'homme. cette suspicion a été renforcée après l'observation en 1980 d'anomalies des chromosomes chez des américains résidant près d'une décharge accumulant plus de 20 000 tonnes de déchets chimiques au voisinage des chutes du niagara (quartier de love canal à niagara falls). la dioxine pénètre dans une cellule puis dans son noyau et se lie à l'adn en entraînant des lésions du matériel génétique. elle se comporte ainsi comme un cocancérogène puissant qui potentialise l'action d'une autre substance cancérogène (par exemple un hydrocarbure). des enquêtes faites aux états-unis et en allemagne parmi les ouvriers travaillant dans des usines chimiques ont montré une augmentation des cancers, mais ces observations n'ont pas été confirmées ailleurs. D'autres études épidémiologiques ont montré que des ouvriers fortement exposés au ddt et à ses dérivés faisaient plus de tumeurs du pancréas que la population générale. Le ddt qui reste stocké pendant des années dans le tissu graisseux favoriserait aussi le cancer du sein. de telles enquêtes sont compliquées par la grande variété de produits utilisés.en 1991 des cancers ont été observés chez des chiens américains vivant sur des pelouses arrosées avec des désherbants. cette constatation a causé un vif émoi et relancé les enquêtes faites avec divers pesticides. quelques-uns ont été reconnus comme probablement cancérogènes. d'autres sont classés comme suspects en attendant les résultats de nouvelles études.les cancers mis en relation avec ces produits chimiques sont principalement des lymphomes et des sarcomes. en france, les pesticides utilisés pour des terres labourables favoriseraient les cancers du pancréas et du rein, tandis que ceux utilisés dans les vignes favoriseraient les cancers de la vessie et du cerveau. ils favoriseraient la leucémie à tricholeucocyte, deux fois plus fréquente chez les agriculteurs que dans le reste de la population. les produits les plus toxiques ont été bannis de l'usage courant dans les pays développés, mais restent utilisés dans les pays en voie de développement pour des raisons économiques décisives. La protection des personnes exposées à leur fabrication ou à leur épandage varie selon les pays.

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